À l’issue du défilé « Pariviera » de juin dernier - échappée imaginaire à même le
macadam parisien - , j’ai ressenti le besoin de recentrer mon propos, d’aller à l’essentiel. Était-ce en réaction à l’époque complexe que nous traversons ? Toujours est-il qu’il me plaît aujourd’hui de vous recevoir dans une école, lieu de savoir, d’éducation, de transmission, de partage et de respect.
L’École Duperré est un établissement public créé en 1854 par Elisa Lemonnier,
instigatrice de la formation professionnelle pour les femmes en France. On y apprend la couture et les métiers artistiques aux jeunes filles, jusqu’à la fin des années 1960. Puis, Duperré devient mixte, s’ouvre à la création et à l’impression, au graphisme… Ses cours inculquent l’histoire, la technique, l’art et les savoir-faire de nombreux métiers liés à la mode. Autrement dit, les bases, une méthode, des règles, toute une grammaire précieuse à laquelle on se réfère ensuite sans réfléchir, tout au long de sa carrière.
Ce retour sur les bancs d’une école n’est cependant pas prétexte à un courant preppy chez Officine Générale. Au contraire, même ! J’ai resserré la gamme sur mes tonalités préférées qui ne sont pas des couleurs primaires. J’ai eu tendance à simplifier les volumes et les lignes de mes vêtements, plutôt que de chercher à ajouter une finition, un galon ou un détail de saison. J’ai privilégié de belles matières comme autant de valeurs sûres.
Des flanelles légères que je travaille en total look. Quelques satins de laine, de popelines de coton, du cachemire en touches. Également du prince-de-galles, des tissus à chevrons ou à rayures et, çà et là, quelques pois.
Ainsi, j’ai renouvelé dans une certaine continuité l’identité que je façonne pour homme et femme. Je continue de m’interdire l’édition de vêtements spéciaux pour un show. Ne pas travestir mon propos demeure pour moi essentiel.
Merci de votre présence,
Pierre


































